La prise de parole en public - qui plus est devant un jury - est souvent vécue comme une épreuve alors qu’elle pourrait être une expérience réjouissante. L’art oratoire, comme la natation, cela s’apprend. Mais pas dans les livres.

 

Allez dire à un adulte ne sachant pas nager qu’il peut sauter dans le grand bain et qu’il ne coulera pas s’il reste calme et respire tranquillement ! Il ne sautera pas. Et si on le pousse, il paniquera, se débattra et coulera. Même chose pour la prise de parole en public.

Rares sont ceux d’entre nous qui aiment cet exercice. Certains  commencent à perdre leurs moyens devant trois ou quatre personnes. D’autres devant une dizaine d’inconnus. D’autres encore, devant une centaine. Qu’importe le nombre, les sensations sont les mêmes.

Ce qui est plus surprenant, c’est que dans cette épreuve – pour peu qu’on ne s’y prépare pas – nous allons tous spontanément mettre en place des comportements contreproductifs (comme pour le nageur néophyte) : certains parleront trop vite, d’autres pas assez fort, en avalant un mot sur deux, en n’articulant pas bien, en ponctuant leurs propos de tics verbaux (heu… donc…  effectivement… voilà… ), en fuyant le regard de leurs interlocuteurs, en étant confus, verbeux, etc.

Pourquoi adoptons-nous un, ou plusieurs de ces comportements, alors qu’ils nous rendent peu compréhensibles, nous desservent et nous font couler (au propre, comme au figuré) ?

Et bien parce que nous mettons en place la stratégie de l’autruche : si je ne regarde pas le public, il ne me verra pas (ah bon ?), si je parle vite et sans pause, j’abrègerai d’autant cette épreuve (oui, mais l’épreuve n’en sera que plus douloureuse, et mon impact inversement proportionnel), si je suis exhaustif sur mon sujet, je pourrai tout en dire et remplir ma mission d’information (alors que c’est tout le contraire qui se produira car trop d’infos tue l’info).  

Bien sûr, lorsque nous parlons devant une assistance, il y a en général de l’enjeu et un timing imposé. Donc, croyant bien faire, nous nous préparons minutieusement afin de pouvoir tenir la rampe et être complet sur notre sujet. Et pourtant, les bons orateurs ne sont pas ceux qui misent tout sur la préparation. Ou plutôt, ils ne préparent pas la même chose.Ce que nous disons à moins d’impact que la façon dont nous le disons.

Le meilleur des discours, s’il est ânonné, sans vie, ne touchera pas son public.

A l’inverse, un discours pauvre sur le fond, mais inspiré dans la forme (prononcé avec éloquence et aisance, avec des images et des anecdotes), aura un meilleur impact.

Bien sûr, il ne s’agit pas de dire n’importe quoi, avec bagout. Le fond, c’est important. Mais la forme l’est tout autant.  On appelle ça en français, le « non-verbal ». Les anglo-saxons disent encore plus limpidement le « body language ». (voir 6 axes pour améliorer sa communication non verbale en entretien)

Seul bémol à cette préparation, elle ne s’improvise pas (on n’apprend pas à nager ou à faire de la bicyclette dans un guide pratique). Il faut se jeter à l’eau lors de prises de parole peu risquées, ou lors d’entrainements comme le propose www.yapuka.org . C’est la seule façon de pouvoir éprouver ces différents nouveaux comportements. (voir 5 étapes pour préparer efficacement son entretien)

A commencer par le plus simple à comprendre, et le plus difficile à mettre en pratique : se taire ! Regarder posément le public (ou le jury), serein, avenant, une ou deux secondes, puis adresser un vrai « bonjour », les yeux dans les yeux. Sans enchaîner précipitamment, mais en éprouvant pleinement l’instant.

Appréciez-la cette pause ! Renouvelez-la tout au long de votre intervention. Votre public sera déjà partiellement conquis. Et vous commencerez alors à vérifier l’une des nombreuses règles de l’art oratoire : « Qui se pose, s’impose. »

Connectez-vous vite sur www.yapuka.org pour trouver l’entraîneur adapté à vos besoins qui vous aidera à réussir tous vos entretiens !  

Billet de Gérard Z., entraîneur Yapuka